Dans le préambule du recueil des « Coutumes du Val d’Orbey », La Baroche
est désignée sous le nom de « Bagonselle ». M. Paul Huot, conseiller à la
Cour de Colmar, fait dériver « Bagonselle » du latin « Pagensis cella », la
chapelle du « pagus » (survivance gauloise, puis féodale de la « région »).
Mais laissons Charles Grad (de l’Institut de France et député au Reichstag
en 1872 – déjà cité dans un ancien récit) continuer avec sa verve ironique :
« Sous le régime allemand, La Baroche change sa dénomination française
contre le nom de « Zell », sous l’influence des politiques qui travaillent
en Alsace à la consolidation du nouvel empire. Depuis la métamorphose de La
Baroche en Zell, ou plutôt par cette opération, l’Empire Germanique a dû
voir sa puissance accrue !...
Malheureusement le digne curé de La Baroche, curé de Zell, pardon, M.
Vuillemin, nous montre un livre de chants, chef-d’œuvre de calligraphie,
datant de deux siècles au moins, et conservé dans la sacristie de son
église, d’après laquelle, l’orthographe précise du nom de cette paroisse
serait « Zeel » et non « Zell ». Ce livre de chants, longtemps resté sur le
lutrin de l’ancienne église, est dû à la main d’un ancien curé de la fin du
17ème siècle (vers 1680) et porte en dédicace… « pro Ecclesia
sancti Michaelis in Zeel » (…dédié à l’église St-Michel à Zeel). Or, si Zell,
qui signifie tente, cellule, est bien un nom allemand, « Zeel », le nom
ancien, sent son origine gauloise et se traduit dans notre français moderne
par chaise, lieu de repos. Quand vous entrez dans une maison de la localité,
le maître s’empresse de dire à sa femme ou à son valet : va chercher une
chaise afin de faire asseoir l’étranger. Ainsi parlait Charles Grad il y a
190 ans.
Autre récit paru en juillet 1965 sous la plume de Ernest Stegmann.
Une « Zell » ou cellule est le local habité par un moine, un frère, un
ermite. Il était fréquent, dans les périodes de l’évangélisation de
l’Alsace, entre l’an 600 et l’an 1200, que les couvents envoyassent des
moines dans des régions reculées du pays afin qu’ils se dévouassent au salut
des âmes.
Ces hommes, pleins d’abnégations, se construisaient des cellules avec
une chapelle, autour desquelles venaient souvent se grouper des colons. Nous
trouvons dans le voisinage les ermitages du Bruderhaus, à mi-chemin d’Ammerschwihr
qui avait deux chapelles, St-Alexis, au-dessus d’Alspach, Toggenbach dans la
forêt de Kaysersberg et St-Wolfgang à l’entrée même de cette ville. Il est
probable que Zell doit son origine à un ermite qui eut établi sa cellule au
fond de la vallée du Walbach, sur la colline alors boisée du Giron, où se
trouve l’église actuelle. Il était là sous la protection des comtes d’Eguisheim
qui avaient fait construire le château du Hohnack vers 1160.
Des défricheurs, faute de place sur la colline, venaient monter leurs
baraques au bas de la colline, à Basse-Baroche. Que Satan, envieux, eut
fourré les maisonnettes dans son sac et que St-Michel les lui eut ravies par
un coup de son glaive, les disséminant ainsi dans la campagne, c’est de la
légende. Mais La Baroche choisit le saint archange pour son patron, dès que
le premier sanctuaire s’est élevé sur la colline.
En 1302 déjà, on cite « l’ecclesia Celle » dans un compte des dîmes du
décanat « Ultra Ottenbuehl ». Les registres de Pairis citent un « Johannes
dictus de Celle » en 1313. Le cartulaire des Ribeaupierre de 1398 mentionne
les 4 paroisses (Kilschspil) « Urbeis, Schenerlach, Urbach und Celle ». Dans
un urbaire des Ribeaupierre de 1441, on relève « usz dem gamzen Kilchpel zu
Zelle » ( de toute la paroisse de Zelle ». Trouillat, dans « Monuments de
l’histoire de l’ancien évêché de Bâle » parle de « Vicarius in Zell » en
1441 et la collégiale du Weinbach d’un « luprister von Zell » en 1494
(prêtre séculier de Zell).
Il ressort de cela que La Baroche formait une paroisse, administrée par
un vicaire, dès 1398. Celui-ci fut remplacé en 1494 par un curé provisoire.
Jusqu’en 1600, nous rencontrons à La Baroche des curés attitrés. Mais la
paroisse n’avait pas de presbytère. Elle comptait 23 bourgeois en 1500 et 42
en 1681, sans les manants, avec 30 maisons seulement. La paroisse fut donc
réunie à celle d’Hachimette et les curés se donnaient volontiers le titre de
curé d’Hachimette et de La Baroche.
Les documents d’Ammerschwihr citent un « Johannes Recklinus, curé de
Leschenmer zu Zell ». Les habitants allaient se confesser à Ammerschwihr où
le vicaire Firmus du village disparu de Meywihr, fut appelé spécialement
pour confesser les gens du patois (« welsche Personnen »). Mais on allait en
procession à Hachimette et ceux d’Hachimette montaient à La Baroche. En
1691, par exemple, le maître d’école, Nicolas Antoine, étant dans la
sacristie, accusa de vol un nommé Didier Didier d’Hachimette qui était monté
avec la procession.
Pendant cet intérim, la paroisse a aussi dû être desservie par les
prêtres de Turckheim ; en effet, on lit sur une fenêtre peinte datant de
1618 qui se trouve dans la chapelle de l’hôpital civil à Turckheim :
« Michael Loth cans ruralis Capituli ultra Ottenbuël – Parochus Rector in
Zell et Turingheim, reparatae 1614-1618 ». Bonvalot n’a pas dû avoir
connaissance de ces documents pour avoir écrit qu’à son avis, La Baroche
avait été le centre religieux de la vallée.
Le dernier curé avant la vacance du poste en 1594 s’appelait Hans : il
était propriétaire de l’unique moulin à l’Etang et se retira, chargé d’ans,
à Hachimette , puis à Orbey, laissant le moulin à ses héritiers.
(à suivre) Gilles MILLION
REFORME DE L’IDENTIFICATION OVINE ET CAPRINE
un renforcement du suivi pour une traçabilité optimisée
L’identification ovine et caprine a été réformée au cours
du mois de juillet 2005 dans toute la France.
Cette réforme est destinée à améliorer la gestion des
crises sanitaires qui menacent la santé des animaux et des consommateurs en
Europe (fièvre aphteuse, brucellose, tremblante…)
Tout détenteur d’au mois un ovin ou un caprin doit
respecter la réglementation relative à l’identification. Dans le Haut-Rhin,
la date d’entrée en vigueur de la réforme est le 30 juillet 2005.
Quelles sont les obligations :
Se déclarer auprès du Groupement de Défense Sanitaire
Réaliser et maintenir l’identification : bouclage des
animaux avant toute sortie de l’exploitation et au plus tard à l’âge de 6
mois, tenue du registre d’élevage.
Remplir les documents de circulation lors du mouvement
des animaux (entrée/sortie du lieu de détention).
Les animaux nés avant le 30 juillet 2005 conservent leur
identification initiale.
Tout animal non identifié (bouclage et inscription sur le
registre) au 1er mai 2006 risque la saisie et l’abattage en vue
de l’équarrissage.
N’hésitez pas à contacter le GDS pour plus de
renseignements.
- Mais à la fin du XVIIIème siècle, les moyens de transport se
développent, permettant une circulation plus rapide des produits entre les
différentes provinces ; d’autre part, les grandes foires implantées aux
croisements des grands axes empruntés dès le Moyen-Age par les diligences
attirent de plus en plus de marchands, d’où une activité commerciale plus
importante qui demande, pour en faciliter le développement, l’unification
des unités de mesure.
- Le peuple, lui aussi, réclame des unités identiques sinon à l’échelon du
pays, du moins dans une même province. C’est dans la rédaction des Cahiers
de Doléances en 1789, en prévision de la réunion des Etats-Généraux, qu’il
se fait entendre.
- En voici trois exemples :
- « Chaque seigneur pour l’ordinaire a son boisseau différent » (Angers)
- « L’ordre de la noblesse qui possède des biens à l’infini cherche que
les moyens de nous accabler et de nous ruiner. On ne connaît point le poids
ni la mesure des boisseaux ; tel seigneur a un boisseau qui contient six
mesures, tel autre sept, tel autre huit » (Angers)
- « Qu’il y ait une mesure générale déterminée par sa majesté pour tous
les terrains de son royaume sujets aux impôts à laquelle toutes les mesures
locales actuellement existantes soient comparées pour que les impôts soient
répartis également » (Reims)
- Différentes étapes :
- Le 8 mai 1790 : L’Assemblée Nationale adopte le principe de
l’uniformisation des poids et mesures.
- Le 7 avril 1795 : La Convention vote le décret établissant
l’uniformisation des poids et mesures suivant le système décimal et dont le
mètre sera l’unité fondamentale de tout le système des mesures (d’où le nom
de système métrique)
- Le 4 juillet 1837 : Une nouvelle loi rend son application
obligatoire à partir de 1840 sous peine de sanctions.
- Pour le petit peuple, le changement était surprenant et mit de longues
années pour être appliqué. En 1840, un dessin humoristique de Daumier paraît
dans le journal « Le Charivari » mettant en scène deux vieilles dames
revenant du marché :
- Dites-moi donc, m’ame Gavin, en v’la des inventions. J’va m’acheter
une robe et on me parle étranger, ils me baragouinent des mètres, des
thermomètres et des baromètres !!! A-t’on vu ça !
- Et moi donc, la fruitière au lieu de quatre onces de beurre, elle
m’emberlificote avec des grammes, des filigrammes et des programmes !
- C’est surtout la scolarité obligatoire et gratuite imposée par les lois
de Jules FERRY en 1881 et 1882 qui contribuera grandement à l’adoption
définitive des nouvelles unités par les Français. Les écoliers alsaciens en
auront la primeur du fait de l’annexion après la guerre de 1870, le
Reischstag ayant introduit le système métrique le 15 juin 1868 et la
scolarité dans ce pays mais aussi en Alsace étant déjà obligatoire à ce
moment.
- Mais l’application des nouvelles unités de mesure nécessitait un
contrôle de la part de l’Etat ; c’est le rôle qui fut confié à un nouvel
organisme : la métrologie. Ce service devait vérifier l’exactitude de
toutes les masses et de tous les instruments de mesure.
- Même à Labaroche, ces contrôles avaient lieu jusqu’au milieu du siècle
dernier pour tous ceux qui utilisaient poids, balances et bascules.
- Lorsque l’appariteur, M. Camille PARMENTIER, à la sortie de la messe
dominicale faisait ses publications et annonçait la venue du contrôleur,
c’était le début d’un branle-bas de combat chez les commerçants et pour tous
ceux qui pratiquaient occasionnellement un mini-commerce.
- Au jour fixé par l’administration, il fallait se rendre avec tout son
attirail au lieu où siégeait le contrôleur. Au cours des jours qui
précédaient la visite, les préparatifs allaient de bon train : on
astiquait les plateaux en laiton de la balance Roberval pour leur donner un
brillant éclatant ; on brossait la bascule et surtout on décrassait les
séries de poids : poids cylindriques en laiton ou en fonte mais aussi
poids hexagonaux avec un culot en plomb.
- Certains malins possédaient deux séries de poids, une pour l’usage et
l’autre pour le contrôle.
- Le jour venu, on chargeait le tout sur une charrette et arrivé sur place
on attendait son tour de passage.
- Pour les poids, le contrôleur disposait d’un trépied sur lequel se
positionnait un long fléau muni de deux plateaux et d’une série de poids
exacts de référence.
- Il posait le poids à contrôler sur un des plateaux et le même poids de
référence sur l’autre. Si l’équilibre était parfait, la marque d’un poinçon
était appliquée sur le poids, attestant de son exactitude et de l’année du
contrôle. Par contre, en cas de déséquilibre, il y avait deux possibilités
: poids trop lourd auquel il pouvait enlever une infime quantité de plomb ou
poids trop léger qu’il fallait faire modifier ou qui recevait sur la plaque
de plomb la croix crainte de tous, signifiant que celui-ci était interdit
d’usage.
- Quant aux balances, le contrôle s’effectuait grâce à deux même poids de
référence posés sur les plateaux : l’équilibre devait être parfait.
- Concernant les boulangers-épiciers, les bouchers, possédant déjà des
balances automatiques et ne pouvant se déplacer, le contrôleur se rendrait
sur place pour procéder au réglage.
- Ainsi, grâce à ces contrôles effectués dans tout le pays y avait-il non
seulement unité de masse mais aussi exactitude.
- Le petit commerce ayant disparu, ces séances de contrôle n’existent plus
aujourd’hui mais sachez que tout commerçant disposant d’une balance
électronique est contrôlé régulièrement et que tous les résultats de la
vérification sont consignés dans un carnet accompagnant chaque balance.
- La métrologie est placée sous la responsabilité des Directions
Régionales de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (D.R.I.R.E).
Ses contrôles ne concernent pas seulement les unités du système métrique et
les balances mais aussi tous les instruments en état de marche ou en
fabrication servant à mesurer l’essence, le gaz, l’alcoolémie, la vitesse.
Son contrôle s’exerce enfin sous tous les emballages contenant des produits
alimentaires.
- Alors, vous avez compris, si un jour vous êtes flashé sur une route par
un radar, vous pourrez peut-être contester la photo de la plaque
minéralogique mais pas la vitesse, car celle-ci est exacte ; la métrologie
est passée par là !
- Jean-Marie SIMON
Le cancer colorectal est le cancer du gros intestin. Bien que peu connu,
le cancer colorectal est l’un des cancers les plus graves. Il est, après le
cancer du poumon, la deuxième cause de décès par cancer en France. C’est
l’un des cancers les plus fréquents, tout particulièrement dans le
département du Haut-Rhin, qui détient avec le Bas-Rhin le record de France
de ce cancer. Dans notre département, environ une personne sur 17 a un
cancer colorectal au cours de sa vie et la moitié en meurt. Chaque année un
cancer colorectal est diagnostiqué chez 430 habitants du Haut-Rhin et 210 en
meurent. Avec le vieillissement progressif de la population, le nombre de
ces cancers augmente lentement mais sûrement. Ce cancer touche les femmes
comme les hommes. Il est rare avant 50 ans. A partir de 50 ans, le risque de
cancer colorectal augmente avec l’âge.
Mieux vaut prévenir que guérir
Le cancer colorectal se développe le plus souvent à partir de petites
excroissances dans l’intestin appelées polypes. Certains polypes peuvent
grossir et se transformer en cancer après une dizaine d’années. Le cancer
colorectal n’occasionne des symptômes que tardivement, lorsqu’il est déjà
évolué. Les polypes et le cancer au début n’entraînent pas de symptômes. Par
contre, ils peuvent saigner. Dans ce cas, des traces de sang sont présentes
dans les selles. Lorsqu'elles sont invisibles à l'œil nu, ces traces de sang
peuvent être détectées par un test simple appelé Hémoccult II®. Lorsqu’on
diagnostique un polype, on peut l’enlever et donc éviter qu’il se transforme
en cancer. Lorsqu’on diagnostique un cancer au début, les chances de
guérison sont très importantes. Au contraire, lorsque le cancer est
diagnostiqué tardivement, il est nécessaire de recourir à des traitements
lourds et les chances de guérison sont moindres.
La campagne de dépistage du Haut-Rhin : ADECA 68
La campagne de dépistage du cancer colorectal a débuté en septembre 2003
dans le département et a permis de dépister 252 cancers et d'en éviter 516.
La campagne, dans la commune de LABAROCHE a débuté en février 2004 et
53% des personnes concernées ont fait le test. " Pour être efficace, la
participation doit dépasser 50%" Malheureusement, les hommes et en
particulier ceux de moins de 60 ans, plus exposés pourtant, participent
moins.
Les habitants de LABAROCHE vont recevoir prochainement un courrier les
invitant à se rendre chez leur médecin généraliste pour qu'il leur remette
le test. Il est gratuit ! Tous les médecins généralistes de votre canton
seront prêts à vous remettre le test de dépistage, alors n'hésitez pas,
si vous avez entre 50 et 74 ans :